Le programme de danse célèbre ses 20 ans : entrevue exclusive avec Maryse Blanchette !

Victor Lavoie
Le Mouton Noir, Drummondville
16 Février 2010
Cette année, le programme de danse du Cégep de Drummondville fête ses 20 ans. Merci à Maryse Blanchette, coordonnatrice du programme, d'avoir accepté de m'accorder une entrevue malgré son emploi du temps très chargé !

Qui a mis sur pied le programme de danse du cégep de Drummondville ?

C’est Jocelyne Houle Lefebvre, en 1989.

Était-ce le premier programme d’études collégiales en danse au Québec?

Non,il en existait déjà deux autres, à Montmorency et à Saint-Laurent, à Montréal, mais en région, c’était le premier programme en danse.

Cette année, c’est le 20e anniversaire du programme de danse, quels sont les évènements spéciaux organisés pour cette occasion ?

Dans un premier temps, nous avons décidé de faire un spectacle pour inviter les anciens qui sont passés au programme depuis 20 ans, alors nous avons fait une grande relance via internet pour essayer de retrouver le plus d’anciens possible, les inviter à un spectacle qui va avoir lieu le 5 décembre à la Salle Georges-D’or, et nous avons quelques anciens qui vont venir danser : Marie-Ève Lafontaine, Michaël Morissette, qui est enseignant ici au programme en danse et qui a fait le programme il y a quelques années, Simon Desrosiers, même chose. Alors, nous avons quelques artistes comme ça qui vont se joindre aux étudiants, et, lors du spectacle, il y aura évidemment des danseurs du programme, mais aussi les danseurs des ateliers de danse, qui sont une partie très importante du programme.

En moyenne, combien d’élèves s’inscrivent au programme de danse chaque année ? Ce nombre a-t-il une tendance croissante ?

Et bien depuis quelques années, oui ! (rires) Toute une croissance d’ailleurs, parce que la première année c’était difficile de partir un groupe, nous avions 15 élèves la première année et nous sommes rendus à peu près entre 130 et 140 élèves qui vont tourner autour du programme depuis quelques années. Nous avons eu jusqu’à 98 demandes il y a trois ans. Habituellement, ça varie autour de 70 et 80 demandes par année.

Quels sont les objectifs et les priorités du programme ?

L’objectif numéro 1, c’est vraiment de permettre aux jeunes de passer à travers leur collégial de façon plus artistique, si on veut, c’est-à-dire de développer leur passion pour la danse au collégial tout en faisant leurs cours de formation générale. C’est une priorité d’aider les jeunes à graduer, donc à obtenir un DEC, peu importe ce qu’ils vont choisir. Ce que nous voulons faire, que ce soit un double DEC ou un DEC en danse tout simplement, c’est motiver les jeunes, en passant par la danse, pour les aider à obtenir leur DEC, c’est vraiment la priorité numéro un. Ceci étant dit, c’est sûr qu’il y a des étudiants qui eux, vont décider de continuer et de s’en aller à l’université en danse, vers le programme d’enseignement, d’interprète, ou même dans les écoles professionnelles en danse. On a une cohorte qui va se diviser en deux, si on veut, il a deux chemins finalement. Ce que les gens ne savent pas, mais qui est très important, c’est que le DEC en danse mène à plusieurs programmes universitaires autres que la danse. Alors c’est une belle façon de faire son collégial, de développer sa passion pour la danse et de mieux réussir ses études au cégep.

Qu’est-ce qui distingue le programme de danse d’ici des autres programmes offerts au Québec ?

Le fait que l’on fasse du jazz, c’est une des grandes particularités, le fait aussi qu’à chaque session, même les élèves qui décident de ne pas faire les ateliers de danse, ont l’opportunité de faire un spectacle. Donc, à la fin de chacune des sessions, il y a un spectacle de danse, ça c’est unique à Drummondville. Et, les ateliers, la possibilité de participer à plusieurs représentations, mais aussi à plusieurs évènements culturels dans la région de Drummondville. Je pense aux Légendes Fantastiques, au Mondial des Cultures, les jeunes ont fait le numéro d’ouverture du Gala de la Chambre des Commerces, alors ce sont quand même des choses d’envergure. Ils ont donc beaucoup d’opportunités de faire de la scène et c’est très particulier à Drummondville. Et l’autre point important, on a mentionné qu’on faisait du jazz, du ballet et du moderne, mais tout ça à part égale, alors que souvent les autres cégeps vont être un peu plus orientés vers la danse moderne.

Pouvez-vous me parler du lien que le cégep a avec l’école de ballet national de Toronto ?

Oui, c’est un lien qui existe depuis très longtemps de part notre école de relève Formation Danse le soir. Ce sont des gens que nous invitons depuis des années à venir faire des examens internationaux pour les enfants ou à faire des stages de formation. Ils gravitent autour de notre programme depuis au moins 15 ans. Alors de fil en aiguille, on a décidé de pousser la chose un peu plus et de les inviter à venir faire des stages de formation pour les professeurs d’un peu partout au Québec. L’année passé, on est devenus de façon officielle le pied à terre du Ballet National au Québec, alors nous sommes en train de penser à un stage d’été avec Anushka Roes, qui est directrice du programme d’enseignement là-bas. Donc on a beaucoup de choses en préparation avec ces gens-là. Nos élèves ont aussi la chance d’aller visiter l’école une fois par année. Nous organisons un voyage avec une cinquantaine de jeunes du programme et de l’école du soir pour aller s’entraîner dans ces locaux-là pour réaliser que l’école nationale de ballet est le plus grand centre de danse au Canada. Nous sommes vraiment très privilégiés d’avoir ce lien avec ces gens-là et de les avoir régulièrement ici.

Chaque session, les élèves ont la chance d’assister à un spectacle de danse professionnelle, que verront-ils cette année ?

Dans un premier temps, Rubberband Dance, au centre culturel ici à Drummondville, une compagnie de danse contemporaine et après Noël, une compagnie de Cuba, qui fait un mélange de flamenco, danse espagnole, évidemment teinté de leur région, mais qui est une compagnie, à la base, de ballet. Je n’oserais pas dire que c’est du ballet folklorique, mais ça s’apparente un petit peu à ça. C’est une très bonne compagnie alors ça va être intéressant de les voir, toujours au centre culturel de Drummondville.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué au cours de vos années d’enseignement de la danse au cégep ?

Bonne question… Mon doux…(temps de réflexion) Et bien, dans un premier temps, la passion des jeunes, parce qu’on entend souvent que les ados, les jeunes adultes ont moins d’entrain, si on veut, qu’avant, mais je pense que c’est tout à fait faux, parce que notre clientèle, c’est des jeunes passionnés, qui se donnent beaucoup, qui mettent beaucoup de temps. On entend, parfois, que les jeunes sont plus blasés maintenant, et tout ça. Ce n’est pas quelque chose qu’on voit. Je pense que les générations changent, nous sommes en mesure de le constater, mais je ne dirais pas qu’ils sont plus blasés, c’est tout simplement différent et très passionné, au contraire. Quand on réalise qu’il y a 50 % des étudiants en danse qui décident de faire des ateliers le soir sur une base volontaire, qui se rajoutent 4 heures et demie d’entraînement par semaine, je pense que ça dénote bien justement que les jeunes ont du « drive »!

Pour terminer sur une note d’actualité, que pensez-vous du phénomène H1N1 par rapport à la danse, et quelles sont les mesures de préventions qui ont été prises ?

C’est sûr que dans les locaux de danse ici, c’est quelque chose qui nous a beaucoup préoccupés. Il y a deux mesures importantes qui ont été prises : la première versus les étudiants, donc évidemment d’installer tous les équipements nécessaires pour que les étudiants puissent désinfecter leurs mains souvent, car il faut comprendre qu’avec les barres en ballet, le sol et tout ça, il y a beaucoup de contact, alors il faut souvent désinfecter les locaux, installer les équipements nécessaires, sensibiliser les étudiants aussi à justement désinfecter leurs mains et faire attention entre eux. La deuxième démarche, qui n’est quand même pas négligeable, c’est au niveau de l’équipe de professeurs, nous pouvons tomber malade nous aussi, donc ce que nous avons fait, c’est des petites pochettes, chaque professeur a sa petite pochette avec toutes les informations de son cours, comme ça si je tombe malade, Anny peut me remplacer, a toutes les informations, sans avoir à chercher pendant deux heures mes listes d’élèves, mon plan de cours, où on est rendu, mes musiques et tout ça. Nous avons prévu jusque là, justement pour que les élèves n’aient pas à subir le contrecoup de nos absences si nous sommes malades. Et il y a une troisième démarche qui a été faite, c’est de regrouper les élèves par petits groupes de 3 ou 4 élèves, comme ça si l’un des trois est malade, les deux autres ont la responsabilité de prendre les notes, de faire, autrement dit, un transfert de connaissances, pour que les personnes qui sont malades puissent récupérer le plus possible, le but étant évidemment de sauver les sessions de tout le monde.

Quand pourrons-nous vous voir les élèves en spectacle prochainement ?

Prochains spectacles : 3 et 4 décembre, spectacle de fin de session, ici à la salle Georges-d’Or, spectacle du 20e le 5 décembre, le 6 décembre, gros spectacle déjà complet pour les étudiants de danse de la région de Drummondville de niveau secondaire. Alors, on a 300 jeunes qui s’entraînent qui viennent voir et s’inspirer de nos jeunes danseurs.

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