Les mots « site d’enfouissement » évoquent dans notre esprit de gigantesques montagnes d’ordures et une odeur ambiante peu ragoûtante. Eh bien, au site d’enfouissement de Drummondville, aucun rebut visible, ni odeur repoussante. Seuls déchets en vue : 2 ou 3 immortels sacs de plastiques qui flottent tranquillement. En effet, les détritus sont recouverts de terre lorsque le site n’est pas ouvert, c’est-à -dire la nuit et les fins de semaine. Les odeurs sont quant à elles neutralisées en grande partie par un système qui distribue de fraîches fragrances sur deux kilomètres. Entre autres arômes, huiles essentielles et « gomme balloune » (!). Mais pourquoi sent-on parfois une petite brise nauséabonde à proximité du dépotoir, malgré ce système? Et bien parce qu’au départ, des déchets, ça pue, et que, par temps humide et lorsqu’on assiste à de grands changements de température entre le matin et le soir, les odeurs sont plus difficiles à contrôler.
Deux cellules d’enfouissement sont déjà pleines et une troisième se fait remplir depuis 2000. On en a encore pour 2 à 4 ans à pouvoir l’utiliser. Des détritus y sont empilés sur 28 mètres de haut et elle pourra en accueillir 8 supplémentaires. Sous chaque section, on doit retrouver au moins 3 mètres d’argile et 5 couches synthétiques. Certaines sont imperméables et chaque joint est testé pour sa résistance à la pression.
Tous les camions qui entrent sur le site sont contrôlés quant à leur contenu et il en coûte 95 $ la tonne pour y laisser des débris. Même les citoyens peuvent y disposer de leurs rebuts pour le même prix. Mais n’oubliez surtout pas la présence de l’Écocentre, situé au 5680 rue St-Roch sud à Drummondville et qui recueille le bois, les matériaux de construction, les résidus domestiques dangereux, etc., et ce, tout à fait gratuitement.
Les déchets des déchets
La gestion des biogaz et du lixiviat est un problème majeur des sites d’enfouissement. Les biogaz sont le produit de la décomposition biologique des déchets. Ils sont composés à 50 % de CO2 et à 50 % de méthane (le fameux gaz qu’on retrouve dans les « pets » de vaches et qui a beaucoup fait jaser dernièrement). Celui-ci cause davantage l’effet de serre que le gaz carbonique et c’est pourquoi on s’efforce à le détruire. Waste Management a donc installé 150 puits capteurs de biogaz, tant dans les cellules d’enfouissement fermées que dans celle présentement utilisée. Ces puits pompent ensemble 6000 pi3 de gaz par minute. Une quantité très impressionnante d’énergie qui pourrait être récupérée et transformée, avec tant d’utilisations possibles! Des projets à ce sujet sont d’ailleurs sur la table. En attendant, ils sont brûlés dans d’immenses torchères fonctionnant 24 h/24, qui éliminent environ 99 % du méthane. De son côté, le lixiviat est le liquide qui résulte de la percolation de l’eau de pluie à travers les rebuts. C’est donc de l’eau hyper contaminée qui se retrouve dans les membranes imperméables. Cette eau est traitée, mais pour ce faire, elle doit être à 15 oC, ce qui nécessite une appréciable quantité d’énergie en hiver. Pour diminuer les quantités de biogaz relâchés et de lixiviat, le meilleur moyen reste encore de faire du compost à la maison, question de limiter la quantité de matière organique se rendant au dépotoir. Saviez-vous que le vermi-compost est une manière très efficace d’éliminer la production de méthane, tout en évitant les mauvaises odeurs?
De nouvelles normes
Une nouvelle réglementation concernant les sites d’enfouissement est entrée en vigueur le 19 janvier 2009. Celle-ci comprend entre autres l’obligation pour ceux-ci de récupérer et de gérer les biogaz évoqués plus haut. En effet, ceci n’était pas une pratique généralisée auparavant et certains dépotoirs, comme celui de Granby, ne voulant pas se conformer à ces normes, ont tout simplement fermé. Les propriétaires de sites d’enfouissement devront de plus continuer cette gestion pendant 30 ans après la fermeture d’un site, pour quelle que raison que ce soit.
Waste Management exploite un autre site à Sainte-Sophie et détient quelques autres sites fermés. La visite aura sûrement lieu de nouveau l’année prochaine : je vous invite à aller visiter cet endroit près de chez nous par vous-même!