
image film
On ne peut pas dire que ce film est bon. Comment approuver autant de violence, autant de haine ? On peut dire que c’est très bien réalisé, que le message nous touche, que chaque spectateur dans la salle n’a d’autre choix que de se sentir concerné. Le choc est grand, dès les premières minutes. Sauf qu’on sait tout de suite à quoi s’en tenir.
Rien d’excessif dans le travail de Denis Villeneuve. Le choix de travailler avec le noir et blanc, heureusement, empêche que le visuel verse dans l’excessif. Oui, c’est une histoire de violence, mais c’est beaucoup plus : dans le jeu très sobre de Karine Vanasse et Sébastien Huberdeau, dans la lenteur des gestes du quotidien qui nous apprivoisent, on arrive à comprendre pourquoi de tels événements se produisent. Et aussi, on n’a pas envie que ça arrive encore. Plus jamais.
Bien sûr, ça reste en travers de la gorge. C’est comme ça quand le cinéma n’est plus du divertissement, mais un témoin d’une vérité lourde de sens. Personne n’y échappe. Et quand le public quitte la salle, sans avoir bougé de tout le générique de fin, c’est le silence le plus complet qui témoigne de l’impact de Polytechnique. Un film à voir.