
«Le vaudeville est une forme de comédie d’observation sociale. C’est comme une comédie de mœurs, où l’on parodie des travers d’une société», a défini Martin Lebrun, un des trois interprètes du Système Ribadier, qui a été présenté les 21 et 22 août. Très populaire au 19ième siècle, ce style théâtral a la réputation d’être un peu désuet aux yeux de certains. Frédérick Moreau, le metteur en scène de cette comédie, est loin d’être d’accord. Selon lui, cette œuvre de Feydeau est très près de notre temps. «Même si ça fait 120 ans que ça a été écrit, les fondements de l’œuvre sont très actuels : la solitude et la relation de la personne avec l’objet», a-t-il expliqué. Effectivement, Le Système Ribadier aborde comme thème principal la tromperie, autour d’un jeu de cachotteries et de manipulation. Exactement ce que l’on voit dans les feuilletons d’aujourd’hui, que ce soit Beautés désespérées ou Gossip Girl.Malgré sa vision sérieuse d’une société en déchéance, ce que Georges Feydeau a écrit est très comique. Tout est exagéré a un tel point qu’on pourrait croire à de l’improvisation. Martin Lebrun, qui a fait ses études à l’UL en littérature, est également un ancien joueur de la Ligue universitaire d’improvisation (LUI). «Dans le processus de répétition, oui, l’impro a aidée», approuve l’interprète, qui joue à la fois Ribadier et Savinet. «Il faut cependant chercher à respecter le texte chez Feydeau. L’improvisation peut pas vraiment être permise», a-t-il ajouté en lien avec la précision des écrits de l’auteur. Le comédien, qui a également fait partie de la troupe de théâtre Les Treize, apparente davantage son interprétation à son rôle dans Tout le monde dit I love you de Woody Allen, jouée pendant la saison 2004-2005. Dans le cas de Frédérick Moreau, Le Système Ribadier est sa première mise en scène de type comique. Bien qu’il ait adoré son expérience, il ne préfère pas nécessairement le comique au dramatique. Il croit toutefois qu’un équilibre entre les deux styles est souhaitable pour un metteur en scène. «C’est pas mal là que j’étais rendu. J’ai monté des shows sur l’inceste, sur les grandes tragédies humaines, sur un gars qui se crève les yeux. Un moment donné, on veut faire autre chose.», a témoigné l’ancien étudiant en littérature et théâtre. . La présentation du Système Ribadier est une initiative du Projet Feydeau, regroupant Frédérick Moreau et trois interprètes, Martin Lebrun, Marie-Pier Labrecque–Dubreuil et Jean-François Pronovost. La troupe s’est donnée comme objectif de dépoussiérer les classiques de Georges Feydeau et de leur donner une deuxième vie. Le Système Ribadier était leur premier essai, mais la compagnie souhaite accumuler les adaptations de l’auteur parisien. «C’est ce qui se perd en théâtre aujourd’hui. On fait une production, c’est fini, on en parle plus», a soulevé Frédérick Moreau, soucieux d’offrir une plus grande diversité au niveau théâtral. L’idée est encore à son état primitif, mais pour l’an prochain, Projet Feydeau planifie monter Le Dindon. À suivre.
