
En voulant s’inscrire au site de Réseau Contact, Réjean, biographe de métier, est contraint d’enregistrer une vidéo qui parle de lui. Seulement, on n’en apprend pas davantage sur la vie réelle du personnage, interprété par nul autre que Rémy Girard. Son histoire est abracadabrante, inspirée d’une série d’intrigues disparates. «Il se cache derrière sa profession, il romance sa vie», a expliqué Marc-André Lavoie, réalisateur de Y’en aura pas de facile, qui sortira en salles le 27 août. «C’est aussi ce qu’on fait, on emprunte des masques à la société sans s’en rendre compte».Le mensonge est au cœur du film, tout comme dans le premier long-métrage de Lavoie, Bluff, paru sur nos écrans en 2007.Comparativement à Bluff, Y’en aura pas de facile est plus facile à démêler et son style se veut un peu plus populaire. Il s’agit toutefois d’une création plus personnelle de la part du réalisateur, qui affirme visiblement la saveur comico-dramatique de son genre avec ce deuxième film.Le titre témoigne d’ailleurs de cette proximité entre Marc-André Lavoie et son plus récent ouvrage. «L’expression fait partie de ma vie. Le sous-texte dit qu’en quelque part, tu t’en sors, mais que y’en aura pas de facile. Je voulais évoquer quelque chose d’universel», a dévoilé Lavoie. En effet, les personnages du film sont confrontés à des situations exagérées, mais possibles, n’ayant d’autres choix que de trouver des solutions, comme le feraient Monsieur et Madame Tout-le- monde. On comprend mieux la vision de Marc-André Lavoie quand on apprend qu’à l’âge de 21 ans, il a combattu un cancer qui aurait pu le tuer. Une fois le triste épisode passé, rien ne l’a arrêté de faire du cinéma, pas même l’argent. Même après le succès de Bluff, Y’en aura pas de facile a fait face à deux refus de la part de la SODEC suite à leurs demandes de subvention. Non sans persévérance et avec la confiance de nombreux commanditaires, Y’en aura pas de facile a obtenu un budget de base de 350 000$. Téléfilm Canada a aussi offert une aide de 150 000$ à cette équipe de la relève cinématographique, qui pourra ainsi financer la post-production du film en rendant la monnaie aux âmes généreuses qui ont accepté de participer au projet malgré les bien maigres cachets. «D’apprendre cette nouvelle-là , ça a enlevé un poids énorme de nos épaules. Enfin, la porte s’ouvre», a exprimé avec soulagement Esther Long, productrice de Y’en aura pas de facile. Étant également la partenaire de vie de Marc-André Lavoie, celle-ci a bon espoir que la confiance de Téléfilm Canada solidifiera à la fois la carrière de son amoureux, tout comme la vocation cinématographique de la boîte Orange Médias, fondée en 2002 par Lavoie et Jean-René Parenteau. Comme quoi, la parole de Claude Ruel est vraisemblablement plus optimiste qu’elle ne le laisse croire.
