
Le parc del’arrondissement de Sainte-Foy s’est avéré l’endroit parfait pour les Trois Accords, par sa sonorisation impressionnante (les subtilités de la Les Paul d’Alexandre Parr et de la Telecaster de Simon Proulx étaient nettes même pour l’auditeur distrait) et son ambiance familiale pimentée par des «fans finis» apparemment venus de Saint-Augustin.Après avoir fait une entrée remarquable (et remarquée) avec une «Dans mon corps» émouvante et toute en éclairages roses, les Trois Accords établissaient tacitement qu’ils faisaient dans le rock bien ficelé. Sans mot dire, le groupe a enchaîné avec un «Grand champion international de course» à la vitesse appropriée et a poursuivi, coupant seulement le flot incessant de succès accrocheurs pour se payer la tête de leur vendeur d’objets promotionnels (souffrant apparemment de nudisme et d’une mauvaise décision capillaire sub-nasale) ou pour raconter quelques anecdotes frôlant l’absurde.La pluie n’a pas troublé cette dernière soirée de la programmation estivale du parc, même si le groupe était prêt à jouer devant une foule trempée. «On dirait que les gens ont plus d’énergie quand ils sont mouillés», analyse le chanteur et deuxième meilleur guitariste, qui avoue avoir toute une nomenclature des foules devant lesquelles il est agréable de jouer.C’est en voyant les Trois Accords en spectacle qu’on se rend compte qu’il s’agit peut-être d’un spectacle familial, mais qu’il a des allures de compilation de grands succès: en enchaînant Saskatchewan, «Hawaïenne», «Loin d’ici», «Lucille», «Vraiment beau» et «Ton avion», on comprend combien ces succès radios sont maintenant établis. Les Trois Accords se révèlent à la hauteur de ce succès par leur interprétation assurée et bien rodée.
