Il venait tout juste de terminer l’écriture du Second abécédaire de David Kurzy, sorti en librairie le 18 mai 2010, soit une semaine après sa mort. C’était également un an après avoir publié Le premier abécédaire de David Kurzy, première partie d’un récit poétique. Observation d’un adolescent, David Kurzy, en fuite des exigences de la vie adulte. Rêve et réalité se côtoient, là où le lecteur s’abandonne au discours farouche d’un poète prêt à contrer l’inexprimable. Sens, tonalités et images s’affrontent dans cette dernière oeuvre de Kraxi, impressionnante oasis de mots.Né à Berthierville le 5 juin 1943, Marcel Bélanger découvre sa passion pour l’écriture dès l’adolescence, grâce à la poète et dramaturge Rina Lasnier ( 1915-1997 ), qui le prend sous son aile et l’initie sérieusement à la poésie. Après une maîtrise et un doctorat en lettres à l’Université d’Aix-en-provence, il enseigne à l’Université Laval de 1972 à 1978. Marcel Bélanger fut également directeur de revues littéraires et fondateur de la maison d’édition Parallèles, en plus d’avoir travaillé à la radio de Radio-Canada et d’avoir écrit pour plusieurs revues littéraires et journaux. Ce n’est qu’en 2004 qu’il emprunte le nom de plume d’Emmanuel Kraxi, qu’il finit par remplacer uniquement par « Kraxi ».Ce pseudonyme, l’auteur l’utilise pour se rapprocher de Kafka, influent écrivain européen du 20e siècle. Son œuvre était caractérisée par le cauchemardesque et l’étouffement à l’intérieur d’une société bureaucratique et anti-personnelle. L’onirisme évoqué par Marcel Bélanger dans son abécédaire provoque un genre de malaise chez le personnage central et le lecteur, comparable à l’inconfort éprouvé à la lecture d’un récit de Franz Kafka. Si l’œuvre de Kafka représente l’homme déstabilisé au sein de l’ère moderne, le personnage de David Kurzy tente tant bien que mal d’évoluer dans un monde devenu automate et presque indifférent à l’humain. Dans sa Rencontre avec Marcel Bélanger, René Pageau mentionne que le défunt poète était « rongé, inquiet, déchiré, angoissé et tourmenté par une exigence intérieure difficile à cerner. » Quant à Kafka, il s’agissait d’un être profondément tourmenté, affecté par le stress et la dépression. Marcel Bélanger n’était pas seulement père du programme de création littéraire. Kateri Bélanger, son unique fille, décrit son père comme étant impulsif, mais honnête, détestant l’hypocrisie, les mensonges et l’artificiel. « Avec Marcel, c’était noir ou c’était blanc. Quelques fois, il était difficile de lui montrer un autre point vue. Mais c’était un homme ouvert d’esprit et outsider », a affirmé la fille de Kraxi. « La maison Mathieu-Froment-Savoie a été sans aucun un endroit où mon père a pu mourir en paix et avec sérénité  », a-t-elle ajouté, en soulignant qu’il est possible de faire un don à cet organisme.
