Jeux d’espace

Christine Rousseau
Impact Campus, Québec
15 Juin 2010

Illustration de l'article

Les sculptures sont réalisées à partir de retailles de feuilles de métal servant à fabriquer des bouchons de bière et de boisson gazeuse, un matériau industriel avec lequel l’artiste travaille depuis quelques années. Les formes créées, dont cinq pièces sur les six exposées représentent des corps partiellement altérés – têtes disproportionnées ou manquantes, absence de pied – occupent l’espace d’une façon intrigante, se voulant à la fois vaporeuses et denses, lourdes et légères, oscillant entre l’opacité et la transparence. « Je travaille avec la densité, qui varie de pièce en pièce. Les hommes sont plus denses, alors que j’essaie de faire les femmes plus légères », commente Julie Tremblay. Pour modeler ses personnages, l’artiste superpose les feuilles de métal trouées, qu’elle assemble à l’aide de petites broches, créant de façon aléatoire des motifs à l’intérieur de l’oeuvre. « Depuis les 12, 13 dernières années, mon travail est figuratif, mais j’ai commencé à m’intéresser à la géométrie fractale, et cela a changé mon rapport à la nature. Je me suis mise à observer les motifs qu’on y retrouve. […] Chaque pièce à une abstraction en elle », explique Julie Tremblay, qui indique se questionner sur les motifs dans son oeuvre. « Est-ce un motif ou pas ? Est-ce qu’il est reconnaissable ou pas ? », évoque-t-elle.

Une œuvre symbolique

Avec Interstices, Julie Tremblay a choisi de présenter une série de sculptures rouges. « C’est une couleur riche en symbolisme, qui exprime l’amour, la colère, les martyrs, le sang […] », mentionne-t-elle. La galerie Lacerte, avec son espace blanc, sert d’ailleurs particulièrement bien l’oeuvre. La particularité du matériau donne également un effet scintillant et mouvant aux sculptures. Un effet particulièrement frappant avec les pièces Hyberbola et Embrace, deux silhouettes en suspension et dont le tournoiement dans les airs est constant.  Bien qu’originaire de Québec et ayant complété un baccalauréat en arts plastiques à l’Université Laval, Interstices est la première exposition solo de Julie Tremblay dans la vieille capitale. Se considérant toujours comme une artiste émergente, on a tout de même pu voir son travail à Toronto, New York et Copenhague, sa ville d’adoption, au cours des dernières années. Parmi ses projets futurs, Julie Tremblay envisage une réalisation de plus grande envergure, mais toujours en continuité avec sa pratique actuelle. Son idée ? « Une installation de plusieurs figures ensemble, pour créer une foule de gens. » Un projet qui serait assurément impressionnant.     

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