
Le 4 juin a eu lieu le vernissage des étudiants finissants en arts visuels à l’édifice de La Fabrique. Vin d’honneur et discours, soirée endiablée qui soulignaient la fin d’une étape et le début d’une autre. Une seule visite ne suffit pas. Il a fallu un second aperçu pour mieux apprécier les œuvres à leur juste valeur, loin du brouhaha alcoolisé. Alors, 100 titres… Sans titre, sang titre, cent titres… De la sueur a coulé sur ces œuvres et cette exposition, où les installations, la peinture, la photographie, la sculpture et la vidéo se côtoient de façon surprenante, dans une certaine harmonie. Est-ce le hasard ? On ne le saura jamais, mais aucun genre ne domine plus qu’un autre. L’exposition est répartie sur les quatre étages, en plus du rez-de-chaussée. L’essentiel se situe cependant sur le troisième étage. Certaines œuvres nous questionnent, d’autres nous choquent, mais aucune ne nous laisse indifférent. Il est difficile de ne pas remarquer une bonne dose d’humour dans le concept de l’exposition. Sur les murs, des titres en graffitis, un parcours bien défini qui serpente entre les colonnes pour nous indiquer le chemin vers les différentes stations. On sent une certaine dérision, une approche ludique et légère où la joie d’avoir enfin l’impression que le temps d’apprendre est révolu prédomine sur le sérieux de l’art. Voilà , est-il vraiment nécessaire de prendre l’art au sérieux ? Derrière cette apparente légèreté, on remarque que les finissants, eux, ont pris leur démarche à cœur. Lors d’une exposition de finissants, on s’attend à voir une variation dans l’aboutissement et la maturité des artistes. Ici, ce n’est pas le cas. Deus ex machina ? Il semblerait que cette année en fut une d’un bon cru. Il m’est difficile de souligner le travail d’un étudiant en particulier. C’est pourquoi je me résigne à ne pas citer de titre pour ainsi vous inciter, à vous déplacer et à voir de vos propres yeux ce que la nouvelle génération d’artistes a à dire. Je pourrais vous parler de ces toiles qui montrent un clown et une licorne se faire éclater la tête, de ces mailles à l’envers, de cette sculpture aquatique à grenouille, de cet Atlantide mis sous une cloche de verre, de cette expérience étourdissante de couleurs et de formes, de ce diamant géant, de ces reconstructions de la réalité, de ces vides et de ces pleins. Ainsi, pourquoi soulignerais-je un ou deux titres, puisqu’il y en a cent ?
