
Composé de 11 pistes, le premier album du trio folklorique est intitulé Le roi du nord, tout comme le titre de sa première chanson. C’est également le surnom qui était attribué à François-Xavier-Antoine Labelle, que l’on connaît mieux sous le nom de curé Labelle, personnalité religieuse du 19e siècle. Celui-ci est notamment responsable de la colonisation de la région administrative des Laurentides, située au nord de Montréal. Fait étonnant, le groupe n’a pas été baptisé à partir des ébauches musicales de Michel Banville et de Marco Matte, tous deux fondateurs du projet CuréLabel. « C’est la musique qui s’est adaptée au personnage », a rectifié Marco, batteur et chanteur du trio. « On était déjà dans les rythmes et les histoires du passé. Le curé Labelle, c’est tellement un personnage important du Québec. Il représente aussi le côté religieux qui était vraiment gros à l’époque », a relaté Michel, bassiste, guitariste et également chanteur de la formation. Les deux musiciens assurent toutefois que la croyance religieuse n’est pas une motivation quant à leurs compositions. « Pour nous, CuréLabel c’est l’histoire, pas la religion », a rectifié Marco Matte. On peut dire que CuréLabel a pris son temps. Fondé en 1998, le projet s’est concrétisé en 2007, avec l’arrivée du troisième membre du groupe, Simon Labrecque, guitariste, mandoliniste et chanteur. C’est alors que CuréLabel pu repartir là où il était rendu, avec un son plus complet, plus défini. Parmi ses ressemblances, on retrouve Garolou, Mes Aïeux et Les Cowboys Fringants. Sa distinction : un son indéniablement hard rock, en grande partie provoqué par la batterie, et une inspiration désengagée, provenant d’un temps beaucoup plus ancien. « On raconte des histoires, il n’y a pas d’engagement. On fait une constatation, il n’y a pas de position », a fait remarqué Simon. Le roi du nord est donc un recueil, lu par trois conteurs aux voix fortes et fières. Légendes et anecdotes nous sont racontées de façon festive et rythmée. On en oublie presque que certaines chansons témoignent de récits dramatiques, comme « L’île au massacre », « La maudite guerre » ou « Grosse-île ». « C’était l’arme de nos ancêtres. Quand ça allait pas bien ils turluttaient », a philosophé Michel Banville. « Ça va v’nir, ça va v’nir, mais décourageons-nous pas. Moi j’ai toujours le cœur gai, pis jcontinue de turlutter, turlutututurlututu… », a-t-il rajouté en chantant cet air de nulle autre que La Bolduc.
