Arsenal de recherche arctique
Marianne Falardeau
Impact Campus, Québec
15 Juin 2010

La subvention permettra de doter l’Université d’instruments de mesure à la fine pointe de la technologie, dont un sous-marin téléguidé qui sera prochainement installé sur le brise-glace Amundsen. La ville de Québec s’impose donc peu à peu en tant que pôle important pour la recherche arctique. Fraîchement arrivé de France, le professeur Marcel Babin contribuera à l’expansion de ce domaine. Reconnu pour son expertise en optique marine et en télédétection, on lui a donné l’objectif de comprendre le fonctionnement de l’écosystème arctique et l’impact du réchauffement climatique. Le défi est colossal vu les conditions extrêmes qui caractérisent l’Arctique. Des équipements adaptés et innovateurs seront donc nécessaires.Les nouvelles technologies permettront donc d’approfondir les recherches et de dresser un profil complet.
Dans la mer et dans les airs
Des flotteurs-profileurs seront notamment utilisés. Déjà employés internationalement pour l’interprétation des océans, on en compte actuellement plus de 3 000 à travers le monde, mais l’Arctique en était encore privé. Ces outils permettent de mesurer entre autres la température et la salinité des eaux. Déjà , les données satellites scrutent la surface des océans. Du coup, en liant les banques de données sous-marines et satellitaires, les chercheurs auront une vision systémique de la situation.Le nouveau sous-marin téléguidé qui sera installé au navire Amundsen atteindra des endroits auparavant inatteignables avec le brise-glace, et pourra par exemple se glisser sous la banquise. L’engin a une autonomie d’environ 60 heures et peut s’éloigner du navire à une distance atteignant jusqu’à 150 kilomètres.
Le forage inquiète
L’exploration pétrolière et minière prend de l’ampleur en Arctique. Une compréhension globale de l’écosystème nordique est toutefois indispensable pour éviter les désastres comme celui qui persiste dans le Golfe du Mexique. En ce sens, Marcel Babin souligne qu’une catastrophe serait plus difficile à gérer, car « si une fuite se produit, l’Arctique est peu accessible et la glace complexifie les déplacements. De plus, le gouvernement canadien a beaucoup moins de moyens de pression sur les multinationales afin d’obtenir de l’aide financière », fait-il remarquer. Michel Leclerc, du groupe écologiste les Amis de la Terre, se dit inquiet de l’exploration qui pourrait s’opérer  : « S’il y a des dégâts, les impacts seront nombreux. À qui iront les factures de dépollution ? », se questionne-t-il.
Impact Campus
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