Avec les séries éliminatoires de la NBA et de la LNH qui se terminent ainsi que la Coupe du Monde de soccer qui débute, l’amateur de sport en a pour son argent. Mais, comme si ce n’était pas assez pour divertir le bon peuple, le politicien de bas étage s’en mêle parfois. Il y a un peu plus d’une semaine, Marine Le Pen, vice-présidente du Front National, un parti d’extrême droite français, a déclaré qu’elle ne se reconnaissait « pas particulièrement », dans la formation actuelle des Bleus.Peut-être était-ce parce que la Chine venait de battre la France 1 à 0 en match préparatoire. Ou encore faisait-elle référence au but de Thierry Henry marqué avec la main, permettant à la France de se qualifier pour le mondial. Comme bien d’autres, je la soupçonne cependant de racisme subtil envers les athlètes qui représentent son pays. « La plupart de ces gens considèrent qu’un coup, ils sont représentants de la France quand ils sont à la Coupe du Monde, un autre coup, ils se considèrent comme appartenant à une autre nation », a déclaré Mme Le Pen. Un manque de patriotisme selon elle. Madame, si vos joueurs ne sont pas fiers de représenter votre pays, c’est sans doute à cause des gens comme vous.« Un étranger devient Français quand il marque deux buts pour ce pays », avait décrié Sniper, une formation de rap français, dans sa chanson Faits Divers. Autrement dit, quand la France gagne, ça va. Mais, quand ça va mal, il y a trop de joueurs d’origine étrangère. C’est vrai qu’il est difficile d’aimer une équipe de tradition victorieuse quand elle en arrache, mais le patriotisme, c’est justement d’avoir confiance en son pays même lorsque les temps sont durs.Une autre situation amusante, Le Pen a ciblé l’attaquant Frank Ribéry en l’accusant d’avoir manifesté entouré d’un drapeau algérien en 2009. Je me souviens d’une québécoise qui était monté sur le podium aux jeux du Commonwealth avec un drapeau du Québec. Ce n’est pas un manque de patriotisme, c’est la fierté de ses origines qui les ont poussés à porter ces drapeaux. Bref, pourquoi les politiciens se mêlent-ils autant de sport ? Le résultat est souvent désastreusement ridicule, et les joueurs savent très bien se ridiculiser eux-mêmes. Un exemple au hasard : Zinédine Zidane.En terminant, rappelons que certains représentants du peuple savent garder leur sang-froid même quand de pareilles idioties sont déclarées. La ministre française de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot a tout simplement rétorqué qu’il « n’était plus le temps de faire des polémiques. » La belle évidence. Quand on remet en question la composition même d’une équipe, on ne peut que lui nuire. Un athlète joue et s’entraîne pour se dépasser, mais aussi pour satisfaire un public, la source de son gagne-pain. Si ce public accueille son équipe avec une brique et un fanal avant même que le match ait débuté, bonne chance pour la confiance.
