Cette semaine, alors que je paressais en écoutant la radio, l’émission « La Semaine Verte » ( qui est diffusée à 6h du matin le dimanche, on paresse comme on peut ) présentait une entrevue fascinante avec un porte-parole de l’Union Paysanne, un syndicat agricole québécois qui se veut une alternative à l’Union des producteurs agricoles ( UPA ). Je me suis dit que ça pourrait vous intéresser. Disons-le tout de suite, je ne suis pas du tout familier avec le monde agricole, mais j’y prête un oeil curieux.( Soit dit en passant, si vous aimez réfléchir à des problèmes politiques et voir comment les questions sociales, environnementales, économiques et politiques se mêlent, je ne saurais trop vous conseiller d’écouter La Semaine Verte. En plus, les histoires d’agriculteurs qui se creusent le ciboulot pour se démarquer sont proprement fulgurantes. )Essentiellement, la représentation des agriculteurs québécois est monopolistique : l’UPA représente tous les producteurs agricoles, et a le mandat de prélever une cotisation de la part de tous et chacun. Cependant, cette situation ne fait pas le bonheur de tout le monde. On blâme l’UPA pour sa rigidité organisationnelle, son monopole quant au membership ainsi que sa politique agressive de collecte de cotisations.Selon ses détracteurs, qui ont produit le document Le petit livre noir du monopole syndical en agriculture, la situation est intenable. Difficile de les contredire : comme ils l’affirment, le modèle syndical s’applique à merveille aux salariés, mais son application se fait douteuse lorsqu’il s’agit de chefs d’entreprises. Ils ajoutent aussi que le monopole de l’UPA les oblige à cotiser, sans devoir être membre, mais sans non plus pouvoir devenir membre d’une association avec des pouvoirs similaires ( citons seulement un accès à la liste de tous les agriculteurs du Québec ). Voilà une situation pour le moins délicate.Le rapport Pronovost, de janvier 2008, recommandait à mots à peine couverts de défaire le monopole syndical de l’UPA. C’est, je crois, une question qui devrait être au centre des discussions, mais qui sera malheureusement éclipsée au fil des mois. Profitons donc de toutes les occasions que nous avons pour y penser, car le nombre de chemises déchirées à ce sujet à Québec devrait être, somme toute, faible.* * * Quand je lis les doléances des représentants de l’Union Paysanne, je ne peux m’empêcher de penser à ce que Jean Grégoire, le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec ( FEUQ ) m’avait dit il y a quelques semaines. En bref, il défendait le principe d’avoir une association de représentants à chaque niveau politique. Ainsi, une seule asso des étudiants du programme X, une seule asso pour la faculté Y, une seule asso pour l’université Z, et pour finir, une seule fédération au palier provincial.Ce que M. Grégoire dit est fort logique, mais peut-on argumenter pour l’avis contraire ? Si le modèle syndical ne s’applique pas à un secteur où les gens sont patrons, s’applique-t-il à un secteur où les individus sont « clients » ? Il y a, selon moi, une importante réflexion à entamer, et il ne faut pas se priver d’inspiration.C’est pourquoi votre devoir de cette semaine ( mais vous avez jusqu’à janvier pour le faire ) est de vous abonner à la baladodiffusion de « La Semaine Verte » et de visiter le site Web de l’Union Paysanne. Comme je vous le disais plus tôt, c’est une excellente façon de mieux comprendre notre monde, et les leçons que vous en tirerez pourraient être fort utiles.
