Après la pluie, le beau temps. Garanti !
David Carter
Impact Campus, Québec
01 Décembre 2009
Dimanche 1er novembre 2009. Une tempête de neige s’abat sur Pékin. Des scientifiques chinois s’en réclament. Bienvenue dans le monde de la géoingénierie ou la manipulation délibérée du climat terrestre !La géoingénierie a pour but premier de contrecarrer les changements climatiques. Dans le cas de la tempête pékinoise, des météorologues ont lancé 186 missiles explosifs remplis de nitrate d’argent. Ces petites molécules servent de noyaux sur lesquelles les gouttelettes d’eau de l’atmosphère se condensent et forment ainsi des nuages. Il demeure cependant difficile de prouver que la tempête relève directement de cette action humaine plutôt que de celle de Mère Nature. Peu importe, cette neige qui est tombée pendant onze heures sur Pékin — la première depuis 1987 — a été bien appréciée par la population des régions arides avoisinantes, selon la version en ligne du Time.
S’inspirer de la nature
Les premières expériences en géoingénierie remontent à la fin des années 1940. Les Américains et les Russes exploraient alors des stratégies pour modifier le climat afin de gagner l’avantage sur le champ de bataille. De même, lorsque le président américain de l’époque, Lyndon Johnson, a été convoqué pour la première fois en 1965 au sujet des changements climatiques, on proposait déjà la géoingénierie comme une solution envisageable.L’éruption de volcans valide en théorie que l’homme peut modifier le climat. Par exemple, l’éruption du Pinatubo aux Philippines en 1991 a dégagé de fines particules dans l’atmosphère. Ces dernières ont réfléchi une partie des rayons solaires, ce qui a eu pour conséquence d’abaisser la température de la Terre de 0,5°C au cours de l’année suivante. Après la dissipation des particules, la température a plutôt eu tendance à regrimper, selon l’expert en politique énergétique de l’Université de Stanford, David Victor, dans un article publié l’hiver dernier. Ainsi, l’humain aurait la possibilité de diminuer la température de la planète en envoyant de fines particules dans l’atmosphère en permanence. Ce qui coûterait plusieurs milliards de dollars par année, selon un expert en volcan et climat de l’Université Rutgers, Alan Robock.Dans son article, David Victor avance la nécessité qu’une norme internationale encadre la géoingénierie. Le scientifique en chef de l’Institut sur le climat à Washington, Mickael MacCraken, s’inquiète pour sa part des répercussions de la géoingénierie sur les générations futures. Il organise d’ailleurs une rencontre d’experts en Californie sur ce sujet le printemps prochain.
Impact Campus
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