
Elle n’a pas la langue dans sa poche et rarement dans sa bouche. MeLL, auteure-compositeure-interprète originaire de France, n’en n’est pas à sa première visite chez les cousins québécois. Elle avait notamment fait un tabac au Festival de la chanson de Tadoussac l’été dernier. C’est vêtue de noir, relevée d’un chapeau haute-forme et le rock dans les veines qu’elle s’est présentée à La Suite, le 11 novembre dernier. Entourée de caisses de bois, son décor « spécifiquement québécois », MeLL a livré une performance délirante. Pour accompagner ses mots « crus », tel qu’elle les qualifie, elle a jonglé avec les guitares classique et électrique, en passant par le « baby banjo », et s’est parfois accompagnée à sa façon aux percussions en piétinant sur le rythme : à droite sur un tas de métal au bruit de cymbales, à gauche sur la calebasse au son de bass drum. Bref, la gêne ne lui connaît pas, elle occupe la scène à elle seule et chante en grimaçant qu’elle aurait voulu être débile tout en se souciant de faire participer la foule. Esprit sain, s’abstenir !« BANGUERANG ! », pour Peter Peter, criait-on dans la foule clairsemée. Une première partie surprenante, puisque pas annoncée et épurée  : un gars de Québec, une guitare et un micro suffisent pour charmer tout le monde. « J’espère que ça va bien, parce que j’ai des chansons tristes », lançait d’entrée de jeu le jeune homme. Ayant déjà fait ses preuves en tant qu’auteur-compositeur-interprète en remportant le concours Ma Première Place des Arts en 2008, Peter Peter a, entre autres, offert avec émotion sa trilogie « dédiée à la jeune mère de famille de l’autobus 97 à Montréal » qu’il trouvait si belle. Hardi, à la voix mielleuse, Peter Peter met ses tripes sur la table, parle d’amour romantique et s’adonne à des dérives vocales sur quelques syllabes. De quoi laisser émerger encore plus de sentimentalité. À découvrir.
