Art villageois
Christina Guillot
Impact Campus, Québec
06 Octobre 2009

« Faire le lien entre la sphère artistique et le non artistique, appréhender l’art comme une expérimentation d’ordre sociologique », voilà , comme elle le mentionne, le but premier de la démarche de l’artiste. « Par un travail de mise en forme, mes œuvres se structurent autour des éléments qui lient les individus à leur communauté, ainsi qu’à leur environnement familier », explique-t-elle. Pour ce faire, elle privilégie principalement les médiums photographiques, vidéographiques, sonores et les pratiques installatives.Détenant un baccalauréat en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal et terminant présentement une maîtrise en arts visuels à l’Université Laval, l’étudiante a choisi de s’intéresser principalement au quotidien des habitants du petit village où elle a grandit pour son projet d’étude. Par son art, elle souhaite donc les amener à changer leur perception, à « voir autrement » le quotidien qui les entoure.
Le village comme matière première
Au début de son projet, Claudine Brouillard a tout d’abord envoyé des lettres à tous les habitants de son village, une démarche très poétique, selon l’artiste, et qui constituait une première prise de contact. Elle a ensuite placé des boîtes de correspondance à la Caisse populaire ainsi qu’au dépanneur de St-Eugène de Grantham, pour permettre à ceux qui le désiraient de communiquer avec elle. En plus de cette première démarche, durant un an, elle a tenu une chronique sur l’histoire de l’art dans le journal local, à raison d’une publication par mois, allant du réalisme à l’art actuel, établissant des liens entre les grands courants artistiques et son art. En parlant du projet expérimenté dans son village d’origine, Claudine Brouillard affirme : « Suite aux interventions et aux nombreuses expériences vécues avec la population, j’en suis venue à penser le village, ses habitants et ses composantes esthétiques comme matière première, comme source d’inspiration située à la base de mes réflexions. » De ses interventions ont émergé différentes œuvres installatives, qu’elle présente depuis jeudi dernier à la galerie de l’École des arts visuels. À travers les œuvres vidéographiques Ma collection et Mon atelier, l’étudiante-artiste évoque notamment les nombreux points de ressemblance entre la démarche des artisans de son village et celle des artistes. Le document vidéo Observer son village propose quant à lui des images commentées de Saint-Eugène de Grantham, prises depuis le clocher de l’église. Dans les prochaines années, Claudine Brouillard souhaite poursuivre sa démarche artistique dans « l’exploration des limites du relationnel ». Gageons que les projets à venir seront nombreux pour celle qui enseigne les arts plastiques au cégep de Drummondville depuis le début de son cheminement au deuxième cycle et qui est propriétaire d’une compagnie de production vidéo, Émergences production.
Impact Campus
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