
Le trio Polipe, originaire de St-Antoine-de-Tilly, arrive avec son premier long jeu intitulé Tropiques du Cancer. Un album résolu, qui laissera probablement sa marque sur la scène musicale québécoise. Bâti sur une trame sonore bien encadrée à saveur de vieux rock garage et bombardé de multiples influences, l’enregistrement propose assurément une prédominance de guitares rock tout au long de l’écoute.Tropiques du Cancer débute solidement avec la très éclatée « Quoi dire ? », pièce contenant un mélange électrisant de guitares, de percussions, de cuivres et de voix, permettant de découvrir le talent des musiciens. Néanmoins, la suite du recueil musical perd un peu de son piquant. À mi-chemin, le rock s’épuise et les guitares s’essoufflent. La lourdeur et la répétition des harmonies développées sur Tropiques du Cancer auraient possiblement eu du mal à traîner l’album jusqu’à sa fin. Fort heureusement, l’enregistrement remonte la pente et sort de la linéarité en offrant des morceaux adroits qui explorent de nouvelles allées appréciables, telles que la légère « Tempête », la douce « 70 % » et la mélodique « Lumières t’exagères ».En plus d’expérimenter à partir de leurs influences et d’oser mélanger les cadences, le trio s’amuse avec les vocalises. Celles-ci virevoltent dans tous les sens et deviennent bien vite le centre d’attraction. Les textes sont bien pensés et ficelés judicieusement. Les musiciens jouent efficacement avec les métaphores cachées de la langue française et proposent une véritable prose musicale.Somme toute, avec ce premier album, Polipe s’affiche comme un groupe audacieux, authentique, étonnant, mais surtout prometteur. Tropiques du Cancer mérite certainement qu’on lui prête une oreille, sinon les deux.
